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swing391Depuis sa redécouverte par le grand public, au milieu des années 1990, le nombre des groupes jouant dans le style dit « swing manouche » ne cesse d’augmenter. Swing 39 est un groupe de gadjés toulousains nourris au manouche pur et dur souvent demandés pour accompagner les grands du style de passage dans le sud-ouest (Marcel Loeffler, Mandino Reinhardt). Ils sont à l’aise sur les standards, mais font preuve de beaucoup d’audace en proposant des disques ne comprenant presque que des compositions originales. Ils dévoilent ainsi leurs personnalités et leurs influences aux couleurs riches et variées. Longtemps sous forme de trio, la formation s’est enrichie tout récemment d’un nouveau membre issu du jazz toulousain : le vibraphoniste Laurent Marc. Ce nouvel arrivant donne une autre dimension aux cordes des guitaristes Mickaël Sourd et Thierry Di Filippo, et du contrebassiste Steeve Denoy. Le quartette a enregistré « Gypsy vibration » fin 2006. De pur swing en boléro, en passant par des valses ou des bossa nova, il y a de quoi se mettre de la musique et des airs plein la tête entre respect des maîtres incontestés et renouvellement du style.

Plus d’infos sur : http://www.swing39.net/

selmer607Une Selmer, la numéro 607 de 1946 appartenant au luthier Béranger Griot. C’est ce bijou qui sert de prétexte et donne son nom au projet qui a abouti à ce disque. Les seules contraintes pour les guitaristes solistes amoureux de Django Reinhardt (invités par Ghali Hadefi) étaient de jouer sur la Selmer et d’enregistrer trois titres en une journée dans la formation de leur choix. Ces musiciens sont ceux que l’on évoque dès que l’on parle de jeunes talents dans le style manouche, mais qu’on a finalement rarement l’occasion d’entendre sur disque : Rocky Gresset, Noé Reinhardt, Adrien Moignard, Sébastien Giniaux et Richard Manetti (fils de Romane). Les deux premiers sont manouches, les autres sont des « gadjés » (non-manouches). On pourrait s’attendre à un album de démonstration technique, rien de tout ça. Ballades, valses, bossas, standards et compos swinguantes, il y en pour tous les goûts avec une facilité d’exécution déconcertante. Tous font « sonner » la guitare Selmer différemment, mais avec un point commun : ils ont « des histoires à raconter ». Ce disque nous ramène un petit bout d’histoire en nous faisant entendre une guitare de collection, et pourrait bien être le début d’une belle histoire et, espérons-le, de longues carrières pour Adrien, Sébastien, Rocky, Noé et Richard.

Plus d’infos sur : http://www.selmer607.com/

rockingchair cdL’actualité du jeune label Chief Inspector, carrefour d’électrons libres, est plus que jamais vivifiante. Décloisonneur de genres, il porte les projets les plus inespérés d’une génération de trentenaires issus du jazz improvisé avec l’esprit du rock (Médéric Collignon, Maxime Delpierre, etc). Voilà encore une nouveauté : le groupe Rockingchair, que l’on a pu apprécier le 18 octobre dans le cadre du festival « Jazz sur son 31 ». Une semaine d’enregistrement et une vingtaine de jours de mixage ont été nécessaires pour donner naissance à un disque abouti et ultrasoigné. Parfaitement équilibré entre acoustique et effets électroniques, on appréciera les choix sonores des musiciens, en concertation avec un ingénieur du son, membre à part entière du groupe, et toujours là lors des concerts. Les deux leaders de Rockingchair, le saxophoniste et clarinettiste Sylvain Rifflet (31 ans) et la trompettiste et violoniste Airelle Besson (29 ans) sont amis d’enfance mais très différents. Elle, réservée, de formation classique et lui, plus expansif, fan de Radiohead et d’électro anglaise. L’esthétique de l’album, entre rock chahuté et plages flottantes pleines de sensibilité, mélodies bien balancées et arrangements soignés, est le résultat de leur association. Ça a furieusement des airs de disque de rock, mais on y retrouve sans cesse la fraîcheur d’un concert de jazz…

« Rockingchair » (Chief Inspector, mai 2007, France)

post image cdDans Impulsion, il y a pulse, comme pulsation, ce qui fait le jazz. Ce premier titre donne le la d’un disque équilibré, bien travaillé. Vu à Marciac cet été sur la scène off, le groupe bordelais Post Image nous balance son Impulsion en pleine figure. « Le jazz, c’est comme les bananes, ça se consomme sur place » disait Sartre ; ce disque a cet intérêt qu’il donne envie de sortir voir du jazz. Mais de punch, il n’en manque pas. Presque trop parfait, il ne pêche pas pour autant en fraîcheur : il est revigorant. Des ambiances africanisantes de « Rimo » et « Bamboche » au « Lemurian » avec quelques accents bretons (!), on appréciera le côté french touch mêlé au dynamisme d’un jazz actuel de la scène new-yorkaise. Et tout cela sans prise de tête pour un groupe qui fête ses 20 ans d’existence : c’est du jazz en liberté, sans sectarisme. Au point d’oser reprendre « A Love Supreme » de Coltrane en l’arrangeant mais sans le dénaturer. Bassiste fretless, saxo, trompettiste, guitariste, piano fender (et sorcier des effets en tous genres), ainsi qu’un batteur musclé, alternent phases de tension et de flottement pour un résultat bluffant. Cet album est la gifle qu’il vous fallait pour vous rappeler que cela fait trop longtemps que vous n’êtes pas sortis voir du jazz en live.

Post Image – « Impulsion » (Aquí Label Musique, 2007)

Matt Savage. Je n’avais jamais entendu parler de ce jeune pianiste et suis complètement bluffé…

Je vais tâcher de me procurer un de ses albums (hé oui, il a enregistré !) et vous reparlerai de lui très bientôt !

D’ici là, son site Internet : www.savagerecords.com

Alex Terrier, Stop RequestedAlex Terrier fait partie de cette nouvelle génération de jazzmen français ayant étudié au Berklee College of Music. Il y a notamment reçu l’enseignement de Joe Lovano et George Garzone. Depuis 2006, il se produit sur les scènes internationales. Possédant maintenant un timbre personnel, un jeu d’alto gonflé, véloce et coloré, Alex nous livre ici son premier album en tant que leader. Également doté d’indéniables qualités de compositeur, sachant varier entre sobriété et complexité, raffinement et énergie, ce jeune saxophoniste de 27 ans fait déjà preuve d’une étonnante cohérence artistique. À suivre !

Alex Terrier Quintet : Stop Requested (Aphrodite Records, juin 2007)

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